Quand le corps dit stop : la reconversion d’une cadre RH devenue Coach Holistique
- Emilie

- 25 févr.
- 5 min de lecture
Certaines reconversions ne naissent pas d’un simple désir de changement, mais d’un arrêt brutal, profond, inévitable.
Béatrice Bordes, ancienne cadre en Ressources Humaines chez France Travail, nous partage ici le moment où son corps l’a obligée à se choisir et à opérer un changement important dans sa vie.

" Je m’appelle Béatrice, ancienne cadre en Ressources Humaines chez France Travail.
Pendant près de trente ans, j’ai tout donné dans ma vie professionnelle et personnelle : mon énergie, mon temps, mon engagement. J’ai soutenu des projets, accompagné des personnes, veillé à ce que tout fonctionne pour les autres. Dans ce dévouement constant, j’ai oublié une personne essentielle : moi-même.
Sur le papier, tout allait bien. Une vie stable, une famille et des amis aimants, un beau logement, une situation confortable. Pourtant, quelque chose me manquait. Une sensation de vide que je n’arrivais pas à nommer.
Jusqu’au jour où mon corps a décidé pour moi.
Le moment où tout bascule
Fin août 2024, je rentre de vacances reposée, pleine d’énergie, prête à reprendre le travail. Quelques jours plus tard, tout s’enchaîne : une chute, une blessure grave à l’épaule droite, mon bras dominant.
La douleur est intense, invalidante. L’incertitude s’installe : vais-je devoir être opérée ? Je ne vais vraiment pas bien.
Petit à petit, je commence à ne plus me sentir comme avant. Les pensées s’embrouillent. Cette douleur déclenche un mal-être profond, à la fois physique et psychologique. Tout devient lourd.
Du déni à la prise de conscience
Au début, je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je suis perdue. Pour moi, tout est lié à la douleur. Elle est si forte qu’elle m’empêche d’avancer. Je n’ai pas encore réalisé que quelque chose de beaucoup plus profond est en train de se jouer.
Il me faudra presque un mois, accompagnée par mes médecins, pour commencer à comprendre.
Progressivement, je réalise que ce n’est pas seulement mon épaule qui est touchée. C’est tout mon être.
Mentalement, ma charge était devenue insupportable depuis longtemps. Mon esprit saturé, envahi de pensées incessantes. Même les décisions les plus simples demandaient un effort immense. Je vivais en surcharge permanente, sans jamais m’accorder de pause.
Physiquement, mon corps était épuisé bien avant la chute. Comme une batterie arrivée à sa dernière barrette, j’ai continué à avancer, à foncer, à donner encore, alors qu’il ne restait presque plus d’énergie. Ce n’est pas un hasard si mon corps s’est arrêté : il voulait simplement me dire « je n’en peux plus ».
Spirituellement, je ne savais plus où j’allais. Je vivais pour les autres, m’éloignant peu à peu de mes valeurs et de ce qui avait du sens pour moi. Je n’étais plus alignée, plus connectée à moi-même.
Émotionnellement, je retenais tout depuis des années. Je pensais que montrer mes émotions était une faiblesse. Je me suis tue, jusqu’à ce que mon corps parle à ma place.
À ce moment-là, une évidence s’impose : mon corps n’a rien inventé. Il a simplement révélé ce que je n’étais pas prête à voir.
Son arrêt est devenu un point de non-retour.
Un moment de vérité :
soit j’écoute enfin mon corps et mon cœur, soit je continue ainsi et je me perds complètement.
Le message de la vie
Un jour, malgré mon état de fragilité, je marche le long de la plage près de chez moi, bercée par le bruit des vagues. Une paix douce m’envahit.
Dans ce calme, une petite voix intérieure me dit : « Ça suffit maintenant. Tu arrêtes de courir. Tu arrêtes de vivre pour les autres. Il est temps de te choisir. »
Ce jour-là, j’ai compris que la vie ne m’avait pas arrêtée pour me punir. Elle m’avait arrêtée pour me sauver, pour me ramener à moi, à l’essentiel.
Le déclic : ma reconversion professionnelle vers le coaching holistique
Suite à mon parcours de soins, combinant médecine traditionnelle et approches complémentaires, je me suis intéressée à la dimension holistique, que je ne connaissais pas. Ces pratiques m’ont profondément touchée et m’ont donné envie de changer ma manière d’accompagner l’humain, en prenant en compte la personne dans sa globalité.
De là est née l’idée d’utiliser mon expérience personnelle pour accompagner celles et ceux qui souffrent, souvent sans comprendre pourquoi.
J’ai recherché des écoles de coaching holistique sur internet et j’ai découvert l’École de Coaching Holistique. Lors d’un entretien avec sa directrice, Émilie Faveaux, j’ai été immédiatement touchée par nos échanges. Je me suis sentie éclairée, comme si cette rencontre arrivait exactement au moment où j’en avais besoin.
Ce fut un véritable déclencheur.
Très vite, j’ai compris que cette formation était bien plus qu’un apprentissage théorique. Les outils enseignés permettent de prendre conscience de nos fragilités, de travailler sur soi et de s’outiller concrètement pour accompagner les autres.
Au-delà des outils, j’ai été profondément marquée par la bienveillance, le professionnalisme et l’expertise des intervenantes sur les dimensions humaines de l’être. Leur écoute et leur présence ont créé un cadre sécurisant et profondément transformateur.
Cette formation m’a donné la légitimité d’exercer aujourd’hui comme Coach Holistique.
Elle m’a remise debout. Elle m’a redonné un élan.
Une nouvelle vie
Aujourd’hui, j’ai quitté mon poste salarial en Ressources Humaines pour me lancer pleinement dans cette nouvelle aventure.
Quelques mois seulement, et je ressens déjà une paix mentale et une qualité de vie que je n’avais jamais connues.
La santé mentale, la liberté d’être soi, l’alignement, le fait de se sentir bien dans sa peau : tout cela n’a pas de prix. Je comprends désormais combien la vie est précieuse et qu’il n’est jamais trop tard pour se reconnecter à soi.
Donner du sens à mon expérience
Traverser cette épreuve m’a appris une vérité essentielle : on peut tout réussir dans la vie, mais si l’on se perd soi-même, alors on ne réussit rien.
Aujourd’hui, j'ai créé mon cabinet 2B Coaching et je mets mon expérience et mes compétences au service de celles et ceux qui s’oublient, qui portent trop, qui pensent pouvoir tenir encore un peu. Je leur dis : écoutez votre corps avant qu’il ne crie. Prenez soin de vous avant qu’il ne soit trop tard.
Le vrai bonheur ne se mesure ni au salaire, ni au titre, ni à la reconnaissance des autres. Il se mesure à la paix intérieure, à la santé, à la liberté d’être soi. Tout le reste n’est que du bonus.
Moi, aujourd’hui, j’ai choisi de vivre pleinement et de faire ce qui me plaît, librement."
Et si votre corps n’était pas votre ennemi… mais votre guide ?
Le parcours de Béatrice nous montre qu’une reconversion professionnelle ne naît pas toujours d’un projet réfléchi depuis des années. Elle peut émerger d’un épuisement professionnel, d’un burn-out silencieux, d’un moment où le corps impose un arrêt.
Se reconvertir dans le coaching holistique n’est pas simplement changer de métier. C’est choisir une voie alignée, qui relie le mental, le corps, les émotions et le sens.
De nombreuses femmes cadres envisagent aujourd’hui une reconversion professionnelle à 45 ans ou après un burn-out. Non pas par échec, mais parce qu’elles aspirent à une activité plus cohérente avec leurs valeurs profondes.
Si ce témoignage fait écho à votre propre questionnement, peut-être est-il temps d’explorer ce que pourrait signifier pour vous une reconversion vers le coaching holistique.




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