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Stress, orientation, Parcoursup : comment accompagner les lycéens face à la pression ?

5 oct.
10 min de lecture

À 16 ou 17 ans, on demande aux jeunes de commencer à faire des choix qui peuvent leur sembler déterminants pour leur avenir. Choisir des spécialités, réfléchir aux études supérieures, comparer les formations, assister aux journées portes ouvertes, maintenir de bons résultats scolaires, commencer à construire un dossier et, en terminale, formuler des vœux sur Parcoursup. Tout cela intervient à un âge où l’on est encore en train de découvrir qui l’on est, ce que l’on aime, ce dont on se sent capable et la place que l’on souhaite prendre dans le monde.


La question de l’orientation n’est évidemment pas nouvelle. Ce qui semble avoir changé, c’est l’environnement dans lequel elle se pose. Les adolescents grandissent dans une société où les métiers évoluent rapidement, où l’intelligence artificielle commence à transformer certaines professions, où l’accès à l’emploi suscite des interrogations et où les informations sur les parcours possibles sont devenues presque infinies. Avoir davantage d’informations devrait théoriquement faciliter le choix. Dans les faits, cela peut aussi le rendre plus complexe.


L’actualité lycéenne de cette rentrée remet d’ailleurs ces préoccupations au premier plan. Les mobilisations observées dans plusieurs établissements ont porté sur différents sujets, notamment les conditions d’études et les moyens accordés à l’éducation. Elles s’inscrivent aussi dans un contexte où les questions d’avenir, d’orientation et de pression scolaire occupent une place importante dans la vie des lycéens.


Les chiffres concernant Parcoursup illustrent bien ce paradoxe. Dans le bilan de la procédure 2025, 68 % des lycéens interrogés considéraient que Parcoursup avait facilité l’élaboration de leur projet d’orientation. Pourtant, 84 % jugeaient encore la procédure stressante.


Tout cela intervient à un âge où l’on est encore en train de découvrir qui l’on est, ce que l’on aime, ce dont on se sent capable et la place que l’on souhaite prendre dans le monde. Dans ce contexte, le stress lié à Parcoursup et à l’orientation au lycée ne tient pas seulement aux échéances ou à la procédure elle-même. Il touche aussi à la difficulté de devoir se projeter alors que beaucoup de choses restent encore à construire.


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Stress, Parcoursup : choisir son orientation quand on est encore en train de se construire


Pour un adulte qui a déjà traversé plusieurs étapes professionnelles, un choix d’orientation peut sembler relatif. Nous savons avec l’expérience qu’un parcours professionnel n’est pas nécessairement linéaire, que l’on peut changer de métier, reprendre des études, découvrir tardivement une vocation ou emprunter un chemin auquel on n’avait jamais pensé à 18 ans.


Un lycéen n’a pas encore toujours ce recul.

Lorsqu’il doit choisir ses études, il peut avoir l’impression qu’on lui demande simultanément de savoir qui il est, ce qu’il aime et ce qu’il voudra faire pendant une grande partie de sa vie. Certains jeunes vivent cette étape avec enthousiasme. D’autres avancent avec beaucoup plus d’incertitude. Ils peuvent avoir plusieurs centres d’intérêt sans parvenir à les hiérarchiser, ne ressentir aucune vocation particulière ou hésiter entre ce qui leur plaît et ce qui leur paraît raisonnable.


À cela s’ajoute la comparaison. À l’école, dans les groupes d’amis et sur les réseaux sociaux, certains semblent déjà savoir exactement où ils vont. L’un veut devenir médecin depuis l’enfance, l’autre prépare une école d’ingénieurs, un troisième parle déjà du master qu’il envisage. Celui qui hésite peut alors avoir le sentiment d’être en retard, alors que son hésitation est parfaitement compatible avec son âge.


Le « je ne sais pas » que les parents entendent parfois avec inquiétude n’est donc pas nécessairement le signe d’un manque d’intérêt ou de motivation. Il peut simplement traduire le fait qu’un jeune n’a pas encore suffisamment exploré ses envies, ses aptitudes et ses priorités pour pouvoir formuler une réponse.


Quand l’inquiétude des parents rencontre celle de l’adolescent


L’orientation ne concerne jamais uniquement le lycéen. Elle mobilise aussi beaucoup les parents, et c’est compréhensible. Ils connaissent les difficultés du marché du travail, savent que certaines formations sont sélectives, pensent au coût des études, au logement, aux débouchés et souhaitent naturellement sécuriser l’avenir de leur enfant.


C’est souvent à cet endroit que deux inquiétudes peuvent se rencontrer.

L’adolescent peut avoir peur de se tromper. Le parent peut avoir peur qu’il se trompe.


Cette proximité peut rendre les échanges difficiles. Plus le jeune hésite, plus l’adulte cherche à l’aider. Il propose des pistes, recherche des écoles, compare les débouchés, rappelle les échéances ou explique ce qu’il ferait à sa place. Plus le parent intervient, plus certains adolescents peuvent ressentir que le choix ne leur appartient plus complètement. Ils se ferment alors davantage, ce qui inquiète encore plus leurs parents.


Personne ne cherche volontairement à créer cette tension. Elle naît souvent d’une intention très positive : protéger son enfant d’une erreur que l’on imagine lourde de conséquences.


Pourtant, aider un adolescent à s’orienter ne signifie pas nécessairement trouver la meilleure solution pour lui. L’enjeu consiste aussi à l’aider à développer sa propre capacité à réfléchir, à explorer et à décider.


Conseiller ou accompagner : une différence essentielle


Lorsqu’un jeune dit qu’il ne sait pas quoi faire, la tentation est forte de lui proposer immédiatement des réponses. Il est bien sûr utile de lui apporter les informations qui lui manquent, de l’aider à mieux comprendre les différentes filières ou à confronter ses représentations à la réalité. Mais disposer de toutes les informations nécessaires ne suffit pas toujours pour faire un choix.


Savoir qu’une filière offre davantage de débouchés ne nous dit pas si un adolescent pourra s’y épanouir. Avoir les résultats scolaires nécessaires pour intégrer une formation ne signifie pas qu’il en a réellement envie. Et avoir toujours été bon dans une matière ne suffit pas à en faire un projet professionnel.


C’est là que conseiller et accompagner commencent à se distinguer. Le conseil apporte des éléments de réponse. L’accompagnement crée plutôt les conditions pour que le jeune puisse construire la sienne.


Il s’agit alors de l’aider à regarder plus largement ce qui entre en jeu dans son choix : ce qui l’attire réellement, ce qu’il imagine de telle ou telle voie, ce qui l’enthousiasme, mais aussi ce qui le freine. Cette réflexion peut également l’amener à distinguer ses propres envies de ce qu’il pense devoir choisir pour rassurer ses parents, correspondre à l’image que les autres ont de lui ou privilégier une voie considérée comme plus sûre.


Peu à peu, le jeune apprend ainsi à mieux identifier ce qui compte pour lui, à prendre conscience de ses ressources et à comprendre pourquoi il écarte certaines possibilités. Est-ce parce qu’elles ne lui correspondent réellement pas ou parce qu’il doute de sa capacité à les envisager ? Cette exploration ne lui donnera pas automatiquement le nom d’un métier ou d’une formation. Elle lui permettra en revanche de construire ses propres critères et de prendre une part plus active dans sa décision.


La différence est importante. L’objectif n’est plus seulement de réussir son orientation en terminale, mais de développer progressivement une compétence qui lui servira bien au-delà de Parcoursup : apprendre à s’orienter.


Cette conception rejoint d’ailleurs l’évolution actuelle des politiques publiques d’orientation. Avec le Plan Avenir, l’ambition est précisément de développer plus progressivement les compétences nécessaires pour s’orienter, plutôt que de concentrer cette réflexion sur les derniers mois précédant l’entrée dans l’enseignement supérieur.


Apprendre à choisir suppose aussi d’accepter de ne pas tout maîtriser


La pression autour de l’orientation vient aussi de l’idée qu’il existerait, quelque part, un choix parfaitement adapté qu’il faudrait réussir à identifier du premier coup. Pour un adolescent, cette recherche de la « bonne » décision peut rapidement devenir paralysante.


À 17 ans, on peut aimer plusieurs domaines, hésiter entre des univers très différents ou découvrir plus tard un intérêt que l’on n’avait jamais envisagé. Une première orientation peut aussi conduire à une bifurcation quelques années plus tard. Cela ne signifie pas que le choix initial était mauvais. Il a simplement constitué une étape dans un parcours qui continue d’évoluer.


Accompagner un jeune, c’est donc aussi l’aider à prendre une décision avec les éléments dont il dispose aujourd’hui, sans lui demander d’avoir une vision parfaitement claire des années à venir. Certaines décisions ont évidemment des conséquences et méritent d’être réfléchies sérieusement. Mais réfléchir sérieusement ne signifie pas être certain.


Cette capacité à avancer malgré une part d’inconnu lui sera utile bien au-delà de Parcoursup. Nos parcours professionnels sont de moins en moins linéaires et il sera probablement amené, au cours de sa vie, à faire d’autres choix sans pouvoir en connaître toutes les conséquences à l’avance.


Trouver sa juste place d’adulte


Favoriser l’autonomie ne signifie pas laisser l’adolescent seul face à ses choix. Il a besoin d’adultes capables de lui apporter des repères, de l’aider à accéder à des informations fiables, à organiser ses recherches ou à confronter certaines représentations à la réalité. Il peut aussi avoir besoin qu’on l’aide à transformer une envie encore très générale en pistes concrètes.


Toute la difficulté réside dans la place que l’adulte prend dans ce processus. Apporter son expérience peut être précieux tant qu’elle vient nourrir la réflexion du jeune plutôt que s’y substituer. L’enjeu est de l’aider à mieux comprendre ce qu’il veut, à identifier ses capacités et à apprivoiser progressivement l’incertitude, plutôt que de chercher systématiquement à la faire disparaître pour lui.


Cette posture est particulièrement délicate lorsqu’il s’agit de son propre enfant. Un parent arrive nécessairement avec son histoire, ses réussites, ses regrets, ses valeurs et ses peurs. Celui qui a connu la précarité pourra accorder beaucoup d’importance à la sécurité. Celui qui regrette de ne pas avoir osé certaines choses pourra au contraire encourager son enfant à prendre davantage de risques. Ces expériences ont leur valeur, à condition de garder à l’esprit qu’elles appartiennent au parent et ne disent pas nécessairement ce qui conviendra à l’adolescent.


Quand un regard extérieur peut devenir utile


Il arrive qu’un adolescent parvienne plus facilement à mettre des mots sur ce qu’il vit avec une personne extérieure à la famille. Cela ne remet pas en question la qualité de la relation avec ses parents. Le simple fait que les enjeux affectifs soient moins présents peut créer un espace différent, dans lequel certaines interrogations deviennent plus faciles à exprimer.


Un accompagnement peut alors lui permettre de prendre du recul sur ses hésitations, de mieux comprendre son fonctionnement, d’identifier ses ressources ou encore de travailler sa confiance et sa capacité à décider. L’objectif reste de l’aider à construire ses propres réponses et à gagner progressivement en autonomie.


Le coaching peut trouver sa place dans cet espace lorsqu’il s’agit, par exemple, de connaissance de soi, de confiance, d’organisation, de prise de décision, de définition d’un objectif ou de passage à l’action. Mais accompagner un adolescent suppose aussi de savoir reconnaître les situations dans lesquelles le coaching n’est plus le cadre adapté.


Connaître les limites de son accompagnement


La pression scolaire et les difficultés d’orientation peuvent parfois se mêler à une souffrance psychologique beaucoup plus importante.


Les données nationales invitent à prendre cette question au sérieux. L’enquête EnCLASS 2024 montre notamment que 19 % des lycéens présentent un risque important de dépression et qu’environ un lycéen sur cinq rapporte un sentiment de solitude.


Lorsqu’un jeune présente une souffrance psychique persistante, des idées suicidaires, des troubles alimentaires, des conduites à risque, un décrochage important ou tout autre signe préoccupant, l’enjeu n’est plus simplement de l’aider à clarifier son orientation ou à atteindre un objectif. Une évaluation et, lorsque cela est nécessaire, une prise en charge par des professionnels de santé doivent être recherchées.


Cette frontière est particulièrement importante lorsqu’on accompagne des mineurs. Un coach doit connaître les limites de son champ d’intervention et savoir orienter vers un psychologue, un médecin ou un autre professionnel compétent lorsque la situation le nécessite.


La qualité d’un accompagnement se mesure aussi à la capacité du professionnel à reconnaître ce qu’il ne doit pas prendre en charge.


Accompagner un adolescent ne s’improvise pas


Travailler avec un adolescent demande donc bien davantage que de savoir écouter ou de posséder quelques outils de coaching.


Il faut comprendre les particularités de cette période de développement, adapter son langage et son questionnement, installer une relation de confiance sans chercher à devenir un confident, favoriser l’autonomie sans placer le jeune face à des responsabilités qui ne correspondent pas à son âge.


Il faut également composer avec une particularité essentielle : lorsqu’on accompagne un mineur, les parents font partie de l’environnement de l’accompagnement. Il faut pouvoir définir avec eux un cadre clair, expliquer ce qui peut être partagé et ce qui relève de l’espace du jeune, entendre leurs attentes sans transformer celles-ci en objectifs imposés à leur enfant.


À cela s’ajoute la nécessité de repérer les situations qui sortent du champ du coaching.


C’est précisément ce qui rend l’accompagnement des enfants et des adolescents passionnant, mais aussi exigeant. Le professionnel ne travaille pas simplement avec une problématique. Il accompagne une personne en pleine construction, inscrite dans un système familial, scolaire et social qui influence nécessairement ce qu’elle vit.


Et si l’orientation devenait un apprentissage plutôt qu’une épreuve ?


Parcoursup cristallise une grande partie des inquiétudes parce qu’il rend les choix concrets et les inscrit dans un calendrier précis. Pourtant, l’orientation ne commence pas au moment de formuler ses vœux et ne s’achève pas avec une proposition d’admission. Elle se construit progressivement, au fil des expériences, des découvertes, des rencontres, mais aussi des hésitations et parfois des changements d’avis.


Accompagner un adolescent dans son orientation, c’est donc l’aider à mieux se connaître, à comprendre ce qui l’intéresse et ce qui compte pour lui, mais aussi à confronter ses envies à la réalité. C’est lui permettre d’explorer plusieurs possibilités sans considérer chaque hésitation comme un problème ou chaque changement de direction comme un échec.


Le rôle des adultes est essentiel dans cet apprentissage. Ils peuvent apporter des repères, ouvrir des perspectives et partager leur expérience, tout en laissant au jeune l’espace nécessaire pour construire sa propre réflexion. Il ne s’agit ni de le laisser seul face à des décisions importantes, ni de chercher à lui éviter toute erreur, mais de l’aider progressivement à devenir acteur de ses choix.


Car l’enjeu dépasse largement Parcoursup. Au cours de sa vie, il sera probablement amené à choisir une formation, un métier, un environnement professionnel, puis peut-être à changer de voie ou à saisir une opportunité qu’il n’avait pas envisagée. Apprendre à s’orienter, c’est aussi apprendre à avancer sans disposer de toutes les certitudes.


L’objectif n’est donc peut-être pas que l’adolescent sache exactement où il va à 17 ans, mais qu’il développe peu à peu les ressources qui lui permettront de choisir, d’ajuster son chemin et de continuer à avancer lorsqu’il ne saura pas encore précisément où celui-ci le mènera.


Se former pour mieux accompagner les enfants et les adolescents


Chaque âge possède ses particularités, ses besoins, ses modes de communication et ses difficultés. Savoir ce qui peut se jouer derrière certains comportements, trouver les mots qui permettent d’ouvrir le dialogue ou adopter une posture qui favorise l’autonomie peut être précieux aussi bien dans un cadre professionnel que dans la relation avec son propre enfant.


C’est dans cette perspective que la formation Coaching des Enfants & Adolescents de l’École de Coaching Holistique s’adresse aussi bien aux coachs et professionnels de l’accompagnement qui souhaitent enrichir leur pratique qu’aux parents désireux de mieux comprendre et accompagner leur enfant ou leur adolescent au quotidien.


La formation permet notamment de mieux comprendre les différentes étapes du développement de l’enfant et de l’adolescent, d’adapter sa communication et les outils utilisés selon l’âge et la situation, et de favoriser l’expression des émotions, la confiance et l’autonomie. Pour les professionnels, elle permet également d’approfondir le cadre spécifique de l’accompagnement d’un mineur, la place des parents et les limites du coaching.


L’objectif est de permettre à chacun de trouver une posture adaptée à sa place de parent ou de professionnel, avec une meilleure compréhension du fonctionnement de l’enfant et de l’adolescent et des outils concrets pour l’aider à développer ses ressources et à traverser les difficultés qu’il rencontre.

La prochaine session se déroule les 23, 24 et 27 novembre 2026, de 9 h à 16 h, entièrement à distance.



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